Archives des prisons : Différence entre versions

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En 1914, l'actuel territoire des Yvelines compte plusieurs établissements pénitentiaires :
 
En 1914, l'actuel territoire des Yvelines compte plusieurs établissements pénitentiaires :
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- la maison centrale de correction de Poissy, destinée à recevoir les condamnés à plus d'un an d'emprisonnement et qui pouvait accueillir 1000 détenus,
 
- la maison centrale de correction de Poissy, destinée à recevoir les condamnés à plus d'un an d'emprisonnement et qui pouvait accueillir 1000 détenus,
 
- 3 maisons de correction (Versailles, Mantes et Rambouillet), qui accueillait les condamnés jusqu'à 1 an de prison. Les maisons de correction de Mantes et Rambouillet étaient également des maisons d'arrêt, destinées aux prévenus.
 
- 3 maisons de correction (Versailles, Mantes et Rambouillet), qui accueillait les condamnés jusqu'à 1 an de prison. Les maisons de correction de Mantes et Rambouillet étaient également des maisons d'arrêt, destinées aux prévenus.
 
- La ville de Versailles était aussi le siège d'une maison de justice et d'arrêt, pour les prévenus et les accusés traduits devant les tribunaux.
 
- La ville de Versailles était aussi le siège d'une maison de justice et d'arrêt, pour les prévenus et les accusés traduits devant les tribunaux.
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Les archives de ces établissements sont conservées aux Archives départementales des Yvelines, en sous-série 2Y. On peut distinguer :  
 
Les archives de ces établissements sont conservées aux Archives départementales des Yvelines, en sous-série 2Y. On peut distinguer :  
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-  les documents relatifs à l'administration, susceptibles d'éclairer les répercussions de la situation de guerre sur le fonctionnement général de chaque établissement ;
 
-  les documents relatifs à l'administration, susceptibles d'éclairer les répercussions de la situation de guerre sur le fonctionnement général de chaque établissement ;
  
-  les documents relatifs aux détenus eux-mêmes qui consistent pour l'essentiel en registres d'écrou (dans lesquels les détenus sont inscrits au fur et à mesure de leur arrivée) et en dossiers individuels. On note avec intérêt que la guerre semble influer sensiblement la composition de la population carcérale de la maison centrale de Poissy, amenant une vague de soldats condamnés par divers conseils de guerre pour refus d'obéissance, désertion, vols, faux, tentatives d'assassinat (voir registres d'écrou cotés 2Y1 97 et 98). Après la guerre, on trouve également trace dans les registres d'écrou en février 1920 de 28 travailleurs chinois condamnés le 26 février 1919 par le conseil de guerre de la 3e région à Rouen (2Y1 98) pour "rébellion par plus de 20 personnes". Le contenu des dossiers individuels est souvent très décevant (extrait de jugements, notices individuelles très sommaires) mais la consultation de celui de Louis Lecoin (2Y1 269), antimilitariste et pacifiste bien connu, contient notamment 3 lettres de ce dernier confisquées par l'administration pénitentiaire et dans lesquelles il explique les raisons pour lesquelles il proteste contre son emprisonnement dans une maison centrale de correction comme celle de Poissy.
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-  les documents relatifs aux détenus eux-mêmes qui consistent pour l'essentiel en registres d'écrou (dans lesquels les détenus sont inscrits au fur et à mesure de leur arrivée) et en dossiers individuels. On note avec intérêt que la guerre semble influer sensiblement la composition de la population carcérale de la maison centrale de Poissy, amenant une vague de soldats condamnés par divers conseils de guerre pour refus d'obéissance, désertion, vols, faux, tentatives d'assassinat (voir registres d'écrou cotés 2Y1 97 et 98). Après la guerre, on trouve également trace dans les registres d'écrou en février 1920 de 28 [http://www.ambafrance-cn.org/Interview-de-Li-Ma-historienne-sinologue-specialiste-des-travailleurs-chinois-venus-en-France travailleurs chinois] condamnés le 26 février 1919 par le conseil de guerre de la 3e région à Rouen (2Y1 98) pour "rébellion par plus de 20 personnes". Le contenu des dossiers individuels est souvent très décevant (extrait de jugements, notices individuelles très sommaires) mais la consultation de celui de [http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-hommes/louis-lecoin-1888-1971-pacifiste-et-antimilitariste-12874 Louis Lecoin] (2Y1 269), antimilitariste et pacifiste bien connu, contient notamment 3 lettres de ce dernier confisquées par l'administration pénitentiaire et dans lesquelles il explique les raisons pour lesquelles il proteste contre son emprisonnement dans une maison centrale de correction comme celle de Poissy.

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En 1914, l'actuel territoire des Yvelines compte plusieurs établissements pénitentiaires :


- la maison centrale de correction de Poissy, destinée à recevoir les condamnés à plus d'un an d'emprisonnement et qui pouvait accueillir 1000 détenus, - 3 maisons de correction (Versailles, Mantes et Rambouillet), qui accueillait les condamnés jusqu'à 1 an de prison. Les maisons de correction de Mantes et Rambouillet étaient également des maisons d'arrêt, destinées aux prévenus. - La ville de Versailles était aussi le siège d'une maison de justice et d'arrêt, pour les prévenus et les accusés traduits devant les tribunaux.


Les archives de ces établissements sont conservées aux Archives départementales des Yvelines, en sous-série 2Y. On peut distinguer :


- les documents relatifs à l'administration, susceptibles d'éclairer les répercussions de la situation de guerre sur le fonctionnement général de chaque établissement ;


- les documents relatifs aux détenus eux-mêmes qui consistent pour l'essentiel en registres d'écrou (dans lesquels les détenus sont inscrits au fur et à mesure de leur arrivée) et en dossiers individuels. On note avec intérêt que la guerre semble influer sensiblement la composition de la population carcérale de la maison centrale de Poissy, amenant une vague de soldats condamnés par divers conseils de guerre pour refus d'obéissance, désertion, vols, faux, tentatives d'assassinat (voir registres d'écrou cotés 2Y1 97 et 98). Après la guerre, on trouve également trace dans les registres d'écrou en février 1920 de 28 travailleurs chinois condamnés le 26 février 1919 par le conseil de guerre de la 3e région à Rouen (2Y1 98) pour "rébellion par plus de 20 personnes". Le contenu des dossiers individuels est souvent très décevant (extrait de jugements, notices individuelles très sommaires) mais la consultation de celui de Louis Lecoin (2Y1 269), antimilitariste et pacifiste bien connu, contient notamment 3 lettres de ce dernier confisquées par l'administration pénitentiaire et dans lesquelles il explique les raisons pour lesquelles il proteste contre son emprisonnement dans une maison centrale de correction comme celle de Poissy.