Chronique de décembre 1914: La mobilisation des enfants

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Le Journal de Mantes, 9 décembre 1914

A la fin de l’année scolaire les meilleurs élèves reçoivent, en récompense de leur travail et en reconnaissance de leur mérite, des prix (par exemple prix d’orthographe, prix de géographie…) accompagné d’un ou plusieurs livres. Cette cérémonie est en général présidée par le maire. Elle a lieu en présence de tous les enseignants, les élèves et leurs parents. Les livres, au début du XXème siècle sont encore des objets relativement coûteux et sont précieux pour beaucoup d’élèves de familles modestes.

A la fin du mois de novembre la course à la mer s’achève et la guerre rentre dans une nouvelle phase. Après la guerre de mouvement, les soldats vont mener une guerre d’usure. Les deux armées se positionnent face à face dans les tranchées. Les conditions de vie des soldats au front sont mal connues des civils à l’arrière car elles sont soit très lacunaires soit relèvent du « bourrage de crâne ». On se doute cependant à travers les appels à la solidarité – on demande aux civils d’envoyer des vêtements chauds, de la nourriture en complément de l’ordinaire par exemple – que les soldats manquent de tout et souffrent de l’éloignement .

Les familles ont peu d’informations précises sur le sort des soldats du fait de la censure militaire et de la lenteur du courrier. Les longues listes de morts, de blessés et de prisonniers qui envahissent peu à peu les journaux sont source d’angoisse pour les familles. Ces lignes laissant apparaître une certaine émotion sont destinées à mettre en valeur l’action des enfants.

Afin de ne pas se laisser submerger par l’émotion, on met en relief le côté patriotique de l’action des enfants. On insiste sur le fait que toute la nation est « en armes », une nation faite de héros glorieux au front comme à l’arrière. Ces lignes font écho aux représentations des enfants déguisés en poilus qui apparaitront sur les cartes postales au cours de la guerre.

Isabelle ATTARD-AMAN

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