Chronique de novembre 1918 : L'armistice

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L’armistice du 11 novembre 1918 a été signé à 5h15 et le cessez-le-feu est devenu effectif à onze heures. La nouvelle est alors célébrée dans tout le pays par des volées de cloches et des sonneries de clairons.

Afin d’évoquer cet évènement nous avons choisi de vous présenter cette très belle photographie peu connue et dont le cadrage nous a particulièrement séduit.

« Aspect de la place de l’Opéra dans l’après-midi du 11 novembre ». L’illustration, 14 décembre 1918, p. 556. AD78 cote PER 3550/8
« Aspect de la place de l’Opéra dans l’après-midi du 11 novembre ». L’illustration, 14 décembre 1918, p. 556. AD78 cote PER 3550/8

Elle présente une foule en liesse fêtant la fin de quatre longues années de combats. On notera, outre la présence de nombreux drapeaux français, en particulier ceux qui pavoisent les différents bâtiments de la place de l’Opéra, des drapeaux américains et britanniques. La foule est ici composée essentiellement de civils, mais les militaires dont les couvre-chefs sont particulièrement reconnaissables sont également nombreux. A l’inverse, on peut s’étonner du faible nombre de femmes ce qui contraste avec les nombreux clichés de la libération de Paris en 1944 qui sont fortement ancrés dans notre mémoire collective. De même, on ne peut que souligner le choix peu commun du lieu de ce rassemblement dans une capitale où la Place de la République ou celle de la Nation sont le plus souvent associées à ce genre d’évènement.

Cette image ne doit cependant pas faire oublier que près de 11 000 soldats sont morts le 11 novembre. À 10 h 45 du matin, soit 15 minutes avant l'heure du cessez-le-feu, Augustin Trébuchon a été le dernier soldat français tué alors qu'il portait un message à son capitaine. Enfin l'Américain Henry Gunther est généralement considéré comme le dernier soldat tué lors de la Première Guerre mondiale, 60 secondes avant l'heure d'armistice, alors qu'il chargeait des troupes allemandes étonnées parce qu'elles savaient le cessez-le-feu imminent. Dans la réalité, de nombreux soldats sont décédés après le cessez-le-feu, mais leur date de mort a été antidatée au 10 novembre par les autorités militaires.

Jean-Christophe Blanchard