Conflans-Sainte-Honorine durant la Grande Guerre

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Conflans-Sainte-Honorine est une commune située dans le canton de Poissy, dans l'arrondissement de Saint-Germain-en-Laye, du département de Seine-et-Oise.

Ses habitants sont appelés les Conflanais.

Géographie

Localisation

Conflans-Sainte-Honorine se situe dans la Seine-et-Oise, à dix kilomètres environ du centre de Saint-Germain-en-Laye et à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. La ville s'est développée au bord de la Seine, sur la rive droite du fleuve à son confluent avec l'Oise. L'urbanisation s'étend aussi sur la rive gauche. L'essentiel du relief est un plateau calcaire qui domine d'une trentaine de mètres les deux cours d'eau. La partie basse connait des inondations périodiques, mais peu désastreuses (mise à part la crue de 1910).

Elle est limitrophe des communes de Maurecourt et Andrésy (dont elle est séparée par l'Oise) à l'ouest, de Neuville-sur-Oise et d'Éragny au nord, d'Herblay à l'est et d'Achères au sud. Selon un axe sud-ouest–nord-ouest, sa longueur est d'environ 4,5 km pour une largeur moyenne de 2,450 km du nord au sud.

Transports

Batellerie

L'essor de la batellerie commence en 1855, avec l'installation de la tête aval de la chaîne de touage qui permet la remonte des péniches sur la Seine vers Paris, approvisionnant ainsi la capitale en plein développement urbain. Puis les remorqueurs s'imposent . Plusieurs compagnies ont leur port d'attache à Conflans et Andrésy sa voisine : les Bleus, les Guêpes, les Tritons.

Chemins de fer

En 1876, la compagnie des chemins de fer de l'Ouest crée la ligne Achères-Pontoise en la raccordant à la ligne Paris-Rouen par une bifurcation sise après la gare dite primitivement « Conflans-Étoile » qui deviendra de ce fait « Achères-Embranchement ». En service en 1877, la gare de Conflans-Andrésy permet aux agriculteurs de ravitailler Paris en produits frais. En 1892, la compagnie des chemins de fer de l'Ouest met en service la ligne Argenteuil-Mantes, qui met Conflans, à cette époque, à 40 minutes de la gare de Paris-Saint-Lazare grâce à un train omnibus. En train direct, il faut une vingtaine de minutes. Les gares de Conflans-Sainte-Honorine et de Conflans-Pont-Eiffel, dont la halte est créée en 1894 à la demande des habitants, permettent aux Parisiens de venir en villégiature sur les bords de la Seine et de l'Oise, favorisant ainsi l'urbanisation des quartiers de la confluence[1].

Politique et administration

Administration municipale

Maire : Henri Crapotte [2]. Une adresse est votée en sa faveur par le conseil municipal en 1916[3]Notre mandat est prolongé de trois années ne peut durer que quelques mois...nous adressons nos bien sincères remerciements pour l'exposé si complet et si explicite qu'il a bien voulu nous faire sur la situation financière de la commune, laquelle, contrairement à ce que l'on craignait par suite des conséquences de la guerre, peut satisfaire les plus difficiles.

La Municipalité et ses actions

Les élus

Mairie et écoles de Conflans-Sainte-Honorine (AMC cote 4 Fi 43).jpeg


Les dernières élections municipales datent de 1912. Le nouveau Conseil restera en place jusqu’en 1919, soit une année de plus que le mandat normal.

Conseil municipal de Conflans-Sainte-Honorine en 1906.jpeg


Il comprend douze membres dont sept sortants. Un conseiller, Paul BRARD sera mobilisé.

Bien que les villageois votent à gauche aux élections législatives, ils choisissent pour édiles locaux dix notables sur douze.


Lors de la séance du Conseil municipal du 2 août 1914, l’Ordre de Mobilisation Générale ayant été affiché le jour-même, “Le Maire déclare qu’en raison de la gravité des évènements extérieurs, il ajourne à une date ultérieure les propositions qui figuraient à l’ordre du jour et qui étaient relatives à l’Emprunt projeté pour adduction d’eau potable, et au marché pour forage d’un puits.[4]

De fait, pendant toute la Guerre, les délibérations du Conseil municipal seront presque exclusivement limitées aux questions budgétaires et à l’assistance aux vieillards, indigents, femmes en couches et familles nombreuses.

De nombreux sujets seront occultés : acquisitions d’immeubles, agrandissement du cimetière, recherche d’eau potable et électrification de la Commune.

Les séances de guerre compteront fréquemment trois absents mobilisés :

MM. adjoint,

Œuvres sociales

Médecine gratuite

Pour financer l’accès à la médecine gratuite accordée aux indigents, la Municipalité verse chaque année au Département une participation de “trois francs par tête d’Indigent admis [pour] le paiement de l’abonnement à servir par la Préfecture au médecin des indigents [et pour] les frais de petites opérations chirurgicales effectuées par les médecins à ces indigents[4]. Les bénéficiaires sont au nombre de 61 en 1915, 71 l’année suivante et 74 en 1919, soit 10 à 12% de la population.

Assistance aux vieillards

Les personnes ne pouvant plus travailler reçoivent une allocation mensuelle de 12 à 18 francs selon qu’elles sont ou non en état de ramasser leurs chauffages en forêt et en fonction de leur situation de famille (loi du 14 juillet 1905).

La France Manque d'Enfants[5]

Assistance aux femmes en couches

Rendue obligatoire à partir de 1914, l’allocation journalière servie aux femmes en couches nécessiteuses est fixée à 0,50 F par jour.


Assistance aux familles nombreuses

En application de la loi du 14 juillet 1913 sur l’assistance obligatoire aux familles nombreuses privées de ressources, la Municipalité fixe à 60 F par an l’allocation servie aux familles nombreuses. Elle est portée à 72 F en 1918[4].

Les bénéficiaires cités dans les délibérations ont de 5 et 8 enfants de moins de 13 ans.

Pupilles de la Nation

Œuvres de Bienfaisance

Population et société

Démographie

1911 : 3822[6].
1921 : 4466.

Enseignement

La ville de Conflans-Sainte-Honorine relève de l’académie de Paris/Versailles. Elle comprend deux écoles primaires (dont une privée). Le groupe scolaire situé à l'Hôtel de ville est dirigé par Eugène Chabrot jusqu'en 1917.
M.Émile Laurensot est un de ses adjoints et est engagé durant la guerre.
M.Deprun, instituteur-adjoint des écoles, est blessé grièvement lors du conflit et perd la vue. Il se reconvertit et devient brossier. La ville s'engage à se fournir auprès de lui pour l'achat de ses balais.[7]
En mai 1915, le conseil municipal accorde un supplément de traitement à Mme Langevin, institutrice adjointe de la 4ème classe de garçons, le même supplément de traitement qu'avait son prédécesseur (200 F par an) avec effet au 1er janvier 1915.[8]
De même, le conseil municipal accède à la demande de Mme Baujon, institutrice adjointe, d'une indemnité de 150 F par an en raison de l'obligation au logement qui découle de l'ouverture d'une 4ème classe aux écoles.[9]
En 1916, le Conseil annonce l'agrandissement du logement de M. Laurensot, instituteur-adjoint.[10]
Toujours lors de cette même séance, vu l'accroissement de l'école des filles, il est décidé de confectionner des tables de fortune avec les planches de la distribution des prix.[11]

Caisse des écoles

Mme GÉVELOT Emma, veuve de l'armateur et M. Dumont sont les principaux donateurs.

Organisation durant la Grande Guerre

Le fonds concernant la Première Guerre mondiale aux Archives municipales de Conflans [12]

Les réquisitions

Les Conflanais sont invités à remettre leurs armes à la mairie (cf liste des propriétaires et description aux Archives municipales de Conflans).

Les tickets de rationnement

Emprunt de Défense nationale

Les Conflanais prêtent à la Caisse d'Épargne de Pontoise[13].

Les carrières et abris

En 1915, une carrière située entre la rue des Martyrs et la rue aux Moines s'est effondrée.

En février 1918, dans la crainte de bombardements, Henri Crapotte se met en quête d'abris dans la commune et recense toutes les carrières et caves susceptibles d'accueillir la population civile[14]. Elles sont localisées sur trois secteurs :
Quartier de Gaillon
1°) Doittau - 40 m : elle est occupée par la féculerie
2°) Lambert - 50 m
3°) Mme GÉVELOT Emma - 100m
4° et 5°) Paveau - 10 m et 90 m
6°) Leblan 250 m
7°) Petit - 300 m
8°) Chapellier - 100 m
9°) Tessé - 80 m
10° et 11°) Paramour - 500 m et 200 m
12°, 13° et 14°) Davoust - 200 m, 500 m et 300 m
15°) La Picarde - 800 m
16°) La Vieille Carrière - 200 m
17°) Carrière Vallot - 200 m
18°) Trou Canot - 400 m
19°) Carrière Lamotte - 400 m
Fin d'Oise
20°) Carrière Savigny - 50 m
Rue Pasteur
1°) Legrais - 80 m
2°) et 3°) Cuvelette - 80 m et 50 m

Les Chinois à Conflans

Les Chinois à Conflans-Sainte-Honorine ont été affectés au port maritime et seraient venus aider aux travaux agricoles, en particulier pour les récoltes de pommes de terre et leur distillation (à la féculerie).

Les engagés

Eugène Chabrot recense 492 Soldats conflanais engagés[15] mais il n'a compté que ses anciens élèves. Il faut donc ajouter tous les poilus qui n'ont pas été scolarisés à Conflans mais qui y ont élu domicile les années qui ont précédé la Grande Guerre.

Les prisonniers

Un tableau donnant la liste et les lieux d'emprisonnement des soldats conflanais est rédigée par le maire Henri Crapotte. Parmi eux, figure le propre fils du maire André [16]

Les Morts pour la France

79 soldats[17] ne sont pas revenus dont Henri Lacroix[18].
Il sont inscrits sur le Monument aux morts de Conflans-Sainte-Honorine situé au coeur du cimetière de la rue du Repos et inauguré le dimanche 25 septembre 1921.

Le rapatriement des corps

Quelques uns de nos Morts pour la France, dont les corps ont pu être retrouvés, sont enterrés sur le côté du monument aux morts de la rue du Repos.

Santé

L'ambulance

L'hôpital auxiliaire

L'hôpital auxiliaire est installé à l'aérium de la Haye au château de Théméricourt, situé sur le quai de la République, n°36[19].
Il est également appelé asile de repos Ste-Elisabeth dont l’aumônier est Charles Sobry.[20]

Les monuments aux morts

Le monument national de la Batellerie

Il est érigé en 1922 par l'association des Anciens combattants de la Batellerie au Pointil (confluent de la Seine et de l'Oise).

Le monument aux morts

Le Monument aux morts de Conflans-Sainte-Honorine est situé au cœur du cimetière de la rue du Repos.

La plaque commémorative

Elle est installée dans le hall de l'Hôtel de ville.

Les rues de Conflans

Sources

Notes et références

  1. Histoire du chemin de fer à Conflans-Sainte-Honorine, Collectif MJC-Conflans À Travers Les Âges, 1986.
  2. Notice Geneanet
  3. Archives municipales de Conflans - 1 D 16 - Délibérations du conseil municipal n°1792
  4. 4,0 4,1 et 4,2 Délibérations du Conseil municipal - AC Saint-Nom-la-Bretèche
  5. Lecture pour Tous - Octobre 1908, page 745 (colorisé) - Prix municipal de la Ville de Paris
  6. Recensements, Archives départementales des Yvelines
  7. Archives municipales de Conflans - 1 D 16 - Délibérations du conseil municipal n°1590
  8. Archives municipales de Conflans - 1 D 16 - Délibérations du conseil municipal n°1393
  9. Archives municipales de Conflans - 1 D 16 - Délibérations du conseil municipal n°1462
  10. Archives municipales de Conflans - 1 D 16 - Délibérations du conseil municipal n°1616
  11. Archives municipales de Conflans - 1 D 16 - Délibérations du conseil municipal n°1615
  12. Archives municipales de Conflans, 4 H 6 à 26 : Guerre 1914-1918
  13. Diplôme de Madame Bailleux, fonds CATLA-MJC cote 0.1.15.2.
  14. Archives municipales de Conflans, 4 H 6 : Défense passive (1914-1918)
  15. Livre d'Or d'une école primaire, Pages vécues de la Grande Guerre, Eugène CHABROT, 1922.
  16. Notice Geneanet
  17. Archives nationales. Guerre 1914-1918. Fonds du ministère des Pensions : livres d'or des Morts pour la France. Département de la Seine-et-Oise (1919-1935)
  18. Notice Geneanet.
  19. Du fief de Théméricourt au château des Terrasses, Collectif MJC-Conflans à travers les âges, novembre 2011 , MJC de Conflans, éditeur (ISBN 978-2-9505451-2-1).
  20. Mairie de Conflans - état civil - registres des décès 1915-1918 - année 1918