Monuments aux morts dans les Yvelines

De Le Wiki de la Grande Guerre
Révision datée du 27 octobre 2015 à 17:55 par Cajun (discussion | contributions)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)

Cet article est consacré à une vue d'ensemble des monuments élevés par les communes des Yvelines en hommage aux morts de la Première guerre mondiale, à l'exclusion des autres types de monuments (privés, associatifs, etc).

Au lendemain de la guerre, l'ensemble du pays, traumatisé par l'importance des pertes, ressent le besoin de rendre hommage au près d'un million-quatre-cent-mille combattants morts durant le conflit[1]. Par la loi du 25 octobre 1919, l'Etat prévoit de faire réaliser un mémorial des morts pour la France sous la forme de registres déposés au Panthéon d'une part et, d'autre part, sous forme d'un livre d'or recensant les morts nés ou domiciliés dans chaque commune et déposé dans les archives municipales. L'article 5 de cette même loi prévoit de plus que l'Etat accordera des subventions aux communes, "en proportion de l'effort et des sacrifices qu'elles feront en vue de glorifier les héros morts pour la patrie", sans préciser quelle forme pourrait prendre cette glorification. Très rapidement et très spontanément, la construction d'un monument aux morts de chaque commune s'impose dans tout le pays comme la forme d'hommage la mieux appropriée. Dans les Yvelines, on compte 263 monuments de ce type[2].

La construction des monuments aux morts : un mouvement irrésistible

Dans les Yvelines, les plus anciennes décisions d'érection connues datent de 1915 et ont été prises par les conseils municipaux de Chambourcy (délibération du 24 juin) et du Pecq (délibération du 13 novembre)[3]. Mais, si la vague de constructions débute dès la paix retrouvée, en 1919, elle connaît son maximum entre 1920 et 1922, avant de décroître. En 1929, la majeure partie des 266 communes que comptait alors le territoire correspondant à l'actuel département des Yvelines ont construit un monument, à l'exception de Rennemoulin, Thionville-sur-Opton, Craches et Favrieux (dont le monument date de 1948). Six communes ont choisi de ne pas édifier de monument sur leur propre territoire mais se sont associées à une autre commune. Il s'agit de Rocquencourt qui s'est associé avec Le Chesnay, La Verrière avec Le Mesnil St Denis, Le Tartre Gaudran et Grandchamp avec La Hauteville, Toussus-le-noble avec Chateaufort, Ménerville avec Boissy-Mauvoisin. Huit autres communes au moins ont deux monuments, soit parce qu'il a été choisi d'en édifier un sur la place publique et un autre au cimetière (Les Mureaux, Maule, Louveciennes, Andrézy), soit parce que des hameaux ont préféré avoir leur propre monument (Sandrancourt, hameau de Saint-Martin-la-Garenne et Dennemont, hameau de Follainville, aujourd'hui Follainville-Dennemont), soit encore parce que deux communes dotées chacune d'un monument ont été fusionnées par la suite (Maincourt-sur-Yvette avec Dampierre, Gassicourt avec Mantes)[4].

Prix et financement des monuments

Le prix des monuments est très variable , de moins de 2000 F (Saint-Illiers-la-Ville) à plus de 30 000 (Andrézy)[5]. Mais même les monuments les moins chers peuvent représenter une dépense importante pour de petites communes aux moyens limités. Pour y faire face, les communes combinent en général trois types de financement : un financement propre, pris sur le budget communal , une souscription publique à laquelle participe une grande majorité de la population, et une subvention de l'État, qui varie en fonction de la proportion de morts et en fonction de la richesse de la commune et ne peut excéder 26% de la dépense (Modalités de subvention fixées par loi de finances du 31 juillet 1920 et confirmées dans circulaires adressée aux préfets le 18 août 1920).

On relève aussi que 12 communes se sont vu offrir l'emplacement et que 4 se sont vu offrir le monument : Guyancourt (don de M. Besnard, agriculteur), Les Alluets-le-roi ( don de la Famille Deutsch de La Meurthe), La-Queue-Les-Yvelines et Grosrouvre (don du banquier Ernest May). Dans au moins 7 cas, on réemploie un monument élevé en mémoire des morts de 1870.

Les différents modes de construction

Comme partout en France, la forme dominante est l'obélisque, qui est adoptée pour près de 70 % des monuments (177 au total)[6].

Le monument aux morts d'Andelu, en forme d'obélisque comme près de 70% des monuments yvelinois. Phot. Fleur Curtil, 2006. Pas de réutilisation commerciale. Licence CC-BY-NC-SA.


Pour élever leur monument, la plupart des communes recourent à un entrepreneur local comme Hamon, entrepreneur de Rozay (qui a réalisé au moins 13 monuments), Déjardin à Mantes-sur-Seine (11 monuments), Mourgues à Rambouillet (8) ou encore Duchesne à Rosny-sur-Seine (7). L'entrepreneur se charge souvent de tout, de la conception à l'installation du monument en passant par sa réalisation, mais il intervient parfois aussi sur la base de plans et devis réalisés par un architecte auquel ont d'abord fait appel les communes comme, par exemple, à Rosny. Une autre possibilité consiste à passer par une des firmes industrielles qui se sont spécialisées dans le monument au mort, vendu sur catalogue, et qui opèrent dans toute la France. On recense au moins 12 monuments de ce type dans les Yvelines, parmi lesquels les productions des marbreries générales Gourdon dominent avec leur modèle de la France victorieuse à Achères et Bréval, leur obélisque à Auffargis et Condé-sur-Vesgres, leur Poilu mort en défendant le drapeau à Juziers. Enfin, disposant de plus de ressources, Versailles, Mantes et Houilles manifestent pour leur monument une véritable ambition artistique et choisissent de lancer un concours d'architecture[7].

Références

  1. Voir Wikipedia, Pertes humaines de la Grande Guerre http://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale#Pertes_par_pays
  2. d'après CHAPEAUX, Catherine Mémoire de la Grande Guerre : Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale dans les Yvelines (1919-1926), mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2002. Consultable aux Archives départementales des Yvelines.
  3. CHAPEAUX, Catherine Mémoire de la Grande Guerre : Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale dans les Yvelines (1919-1926), mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2002. Consultable aux Archives départementales des Yvelines.
  4. CHAPEAUX, Catherine Mémoire de la Grande Guerre : Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale dans les Yvelines (1919-1926), mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2002. Consultable aux Archives départementales des Yvelines.
  5. CHAPEAUX, Catherine Mémoire de la Grande Guerre : Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale dans les Yvelines (1919-1926), mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2002. Consultable aux Archives départementales des Yvelines.
  6. CHAPEAUX, Catherine Mémoire de la Grande Guerre : Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale dans les Yvelines (1919-1926), mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2002. Consultable aux Archives départementales des Yvelines.
  7. CHAPEAUX, Catherine Mémoire de la Grande Guerre : Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale dans les Yvelines (1919-1926), mémoire de maîtrise d'histoire, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2002. Consultable aux Archives départementales des Yvelines.

Voir aussi

Les monuments aux morts, base de recensement et cartographie des monuments aux morts en France et en Belgique, par le laboratoire IRHiS-Université de Lille 3. Au 01/11/2014, cette base recense dans les Yvelines 105 monuments communaux de la Première guerre mondiale.

MemorialGenWeb, projet de l'association FranceGenWEb, qui procède au relevé systématique des noms présents sur tous les monuments aux morts de France.

Les articles consacrés plus particulièrement à un monument aux morts.